12.04.2006

Mon engagement

« Non, l'indépendance n'est pas une récompense, c'est un effort. »

- Pierre Bourgault, 1966


L'engagement est, pour moi, l'acte de prendre part à un volet de la vie communautaire, une façon d'exercer ma citoyenneté. C'est aussi de participer, à ma façon, selon mes talents, selon mes affinités, et surtout selon mes intérêts à une cause, un but recherché, lequel, une fois atteint, sera une victoire chérie, que je célébrerai avec tous ceux avec qui j'ai couplé mes efforts.

Moi mon dada, c'est la politique. Ayant trempé dans cette soupe toute mon enfance (merci mon petit papa!), j'ai finalement attrapé la piqûre, et je m'efforce de m'approprier la dite "soupe" toujours un peu plus chaque jour. Ardent souverainiste, j'ai choisi de militer au sein du Parti Québécois, le seul parti selon moi, capable de mettre sur pied et de mener une future coalition du OUI, pour finalement atteindre le cap nécessaire à l'affranchissement de notre peuple, la première nation francophone d'Amérique.

C'est au sein de l'association péquiste de la circonscription de Borduas, en Montérégie, que vous risquez fort bien de me prendre en flagrant délit. En politique, les tâches du militant ne sont pas toutes gratifiantes, loin s'en faut. Mais croire très fort en une idée, un projet, et tisser des liens avec des gens, des compatriotes, qui pensent de la même façon, applique un tel baume sur le cœur, que la détermination et le courage s'en trouvent décuplés.

L’importance des fonds récoltés par les militants

  • Dans la circonscription : animation politique, publication locale, location de matériel, publicité, etc.

  • Au niveau de la permanence nationale du parti : salaires des employés, bail de la permanence, dépenses bureautiques, congrès national, conseils nationaux, course à la chefferie, dette du parti, etc.

  • Lors des campagnes électorales : publicité, déplacements du chef partout au Québec, rassemblements partisans, communications, …

  • … ALOUETTE!!!


Ouf! Tout ce que je viens d'énumérer coûte énormément de sous. Le Parti Québécois n'est pas le Parti Libéral. Les libéraux, proches des milieux les mieux nantis, sont prompts à organiser cocktails et autre évènements à 1000$ et plus le couvert. Pensez-y! $150,000 en une seule soirée. Les péquistes, quant à eux, misent plutôt sur le financement populaire.

Intéressant: le beurre, et l'argent du beurre

Plusieurs associations de circonscription ont des "Club des 400". Cette formule sert bien notre cause, et prend soin de votre portefeuille.

  • Le membre donne 400$

  • L'impôt en retourne 75%, soit 300$ (c'est la loi!)

  • La contribution nette est donc de 100$

  • Pour ce 100$, on nous remet, par exemple, une paire de billets pour un souper gastronomique en compagnie de votre député et d'un orateur invité


Chouette non? It's a win-win situation (en autant que vous payiez de l'impôt!).

Ceci dit, tous ne peuvent militer activement, faire du porte-à-porte, ou récolter du financement. L'intérêt des citoyens n'est pas au même endroit pour tous. Cependant, une façon simple de participer, est de contribuer substantiellement à la portance de l'option indépendantiste. Bien que, comme le dit Michel Tremblay, le pays sera soulevé par la passion de notre culture et de notre langue, une bourse bien remplie permettra aux rêveurs d'avoir les moyens de leurs ambitions, pour ultimement arrêter d'y rêver, et d'enfin pouvoir les vivre.

Contribuez, je vous y encourage fortement!

JS.

Campagne de financement du Parti Québécois 2006
Les règles du financement politique (DGE)

03.04.2006

Pouvons nous parler de souveraineté à l'école?

Être nationaliste de nos jours est-il une plaie? J’allais dire contagieuse, mais ce serait trop beau pour être vrai! ;)

A été publié récemment le petit guide à l'intention du personnel enseignant québécois "Parlons de souveraineté à l'école". Je n'ai pas à rappeler à personne les réactions médiatiques entourant le lancement de cet ouvrage. Ce fut le tollé général, la panique, que dis-je, l'hystérie collective. On se serait cru en pleine inquisition espagnole, sauf qu'au lieu de bouffer de l'hérétique, on se tape du nationaliste.

Larose et le CSQ: la cible

On a surtout visé Gérald Larose, président du Conseil de la Souveraineté, duquel conseil est issu le guide. Pauvre monsieur Larose! On l'a critiqué, comparé, molesté, insulté, vilipendé, pour finalement le brûler, dimanche soir à Tout le monde en parle, sur le bûcher devant toute la plèbe québécoise. Ce lynchage n'est pas sans rappeler la non moins pathétique affaire Michaud, où un autre militant nationaliste émérite s'est fait exécuter en plein cirque médiatique.

Ce que Larose a essayé de dire, entre 2 interventions de M. Huard, qui semblait en grande forme oratoire, c'est que le guide est né d'un désir d'exposer aux enfants l'option, les points de vues, et l'argumentaire souverainiste. Pourquoi ce désir? Parce qu'on se rend compte que le fédéral, lui, ne se gêne pas pour le faire. Or, le fédéral le fait d'une façon insidieuse et subliminale, alors que le guide souverainiste est transparent, non-financé par nos taxes, en vente libre dans les librairies. Aux professeurs de faire la part des choses.

Tiens, tiens ...

Évidemment, de tels arguments n'ont rien pour soulever la population. C'est comme dire à un pompiste qu'il sent l'essence. Big deal! Or, voilà qu'aujourd'hui (03/04), en lisant Le Devoir, un entrefilet attira mon attention, et vint confirmer ce que Larose tentait de nous dire. La chose extraordinaire dans cet article est qu'il rapportait les propos du Sénateur Jean-Claude Rivest, ex PLQ, conseiller de Robert Bourassa pendant la période Meech/Charlottetown. Je le cite:

« Je vais souvent dans les cégeps et, sur les tables, je vois toujours des paquets de dépliants venant du fédéral. Et presque jamais de dépliants du Québec »


« Ce ne sont pas des manuels du parfait fédéraliste, c’est plus subliminal, mais j’ai toujours trouvé qu’il y avait une espèce de déséquilibre »


Ce n'est pas grand chose me direz-vous? C'est toujours ça de pris je vous réponderai. Le bon sens et l'esprit de curiosité finit toujours par avoir sa place, au lieu de crier comme des damnés et s'énerver comme des poules pas de tête.

Se saborder soi-même

Que des fédéralistes critiquent cet effort, soit. Qu'ils critiquent le fait qu'il provient du Conseil de la Souveraineté et qu'il est édité par un séparatiste notoire, ok, parfait. Qu'ils s'émeuvent en disant, à juste titre, que c'est de la propagande, c'est normal. Mais que des souverainistes, tout attentionnés qu'ils soient, en profitent pour assassiner (encore une fois) un de leur fiers représentants, ça commence à être aliénant. Le politically correct va finir par avoir la peau de notre mouvement. We are at war gentlemen! Si on ne répond pas aux salves de notre ennemi, si l'offensive n'est plus possible sans recevoir une volée de bois vert, et ce même de la part de nos propres forces, et bien je ne donne pas cher de notre peau. Rendons les armes et arrêtons d'essouffler les milliers de militants souverainistes pour rien.

Être nationaliste aujourd'hui, réfléchir à des moyens de faire avancer nos positions, proposer, penser, poser des gestes, c'est s'exposer au tir groupé de ceux qui s'opposent à l'émancipation politique du Québec. La nouveauté, c'est qu'on s'expose aussi aux tirs provenant de nos propres tranchées. Attristant.

JS.

P.S. Je n'ai pas lu le livre en question, mais mon article s'articule surtout sur le principe de l'existence du document. C'est aussi l'angle que les médias ont abordé. Si le travail, à l'intérieur de la couverture est bâclé, là, c'est un autre débat.

Conseil de la Souveraineté
Les Éditions Les Intouchables
Le Devoir